La forclusion du Nom du père

 

 

 

«  La métaphore paternelle à une fonction structurante en tant qu’elle est fondatrice du sujet psychique comme tel »[1]. La forclusion correspond à un défaut d’inscription dans l’inconscient de l’épreuve normative de la castration.

L’adolescent appelle alors d’autres adultes extérieurs à la cellule familiale qui puissent l’assister, mais il se risque à ne trouver personne si ce n’est une présence hallucinatoire qui risque de le conduire à la perte de ses repères symboliques.

La forclusion est une construction théorique qui vise un éclairage quant aux mécanismes psychiques à l’origine de la psychose.

Ce concept permet d’expliquer aussi les hallucinations, délires aigus, et passages à l’acte.

C’est un désordre de la symbolisation, de l’expérience de la castration qui est à l’origine de ces manifestations cliniques.

L’absence de symbolisation de la castration ne permet pas au psychotique de reconnaître son appartenance sexuelle et engendre une perte du sens de la réalité.

C’est la symbolisation de la castration qui permet à l’enfant d’assumer son propre sexe et de reconnaître ses limites. La psychose correspond à une défense inappropriée et morbide contre le danger du souvenir de la castration.

La menace pour le moi est une résurgence imminente sous forme d’idées inconscientes de l’épreuve douloureuse de la castration.

La représentation intolérable pour le moi est la trace de l’expérience de la perception du manque de pénis chez la mère.

Cette expérience coûte au sujet parce qu’il peut donc le perdre et cela confirme le sérieux de l’interdit paternel de l’inceste. Le préalable à la logique de l’expérience de la castration est selon Lacan l’attribution universelle du pénis.

Le second temps est la perception du manque de pénis chez la femme. La trace de cet événement perceptif s’inscrit dans l’inconscient c’est là qu’il devient une représentation intolérable. C’est l’illusion de l’universalité du pénis ruinée qui engendre le constat du manque de pénis et de la soumission à la Loi du père qui interdit l’inceste.

C’est selon Freud S. contre cette représentation intolérable que le Moi se défend sur un mode psychotique. Dans les psychoses le Moi se défend de cette représentation violemment. Freud S. écrit « le Moi rejette la représentation insupportable en même temps que son affect et se comporte comme si la représentation n’était jamais parvenue jusqu’au moi »[2]. Le moi se détache de la représentation inconciliable, or celle ci est liée à l’expérience de la réalité de la castration. Le moi se détache donc en partie ou en totalité de la réalité. Au départ Freud pense la psychose comme une séparation radicale du moi et de la représentation. Freud reprend sa première conception et pense que la représentation n’est pas rejetée mais supprimée au dedans.

 

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La suppression de la représentation questionne sur une première inscription dans l’inconscient et à savoir si cette expérience première de castration a été vécue.

Il semble que cette suppression soit si radicale que le psychotique n’a peut être jamais connu la douleur de la castration.

Dans la psychose le rejet et le retour du rejet sont dissemblables.

Selon Lacan la dimension symbolique de la forclusion s’articule autour du Tout et de l’Un  inscrit dans une triade avec le manque.

« Tout » correspond au tout universel en relation avec le mythe d’attribution universelle du pénis.

« Un » correspond à l’unité de l’existence en lien avec l’exception de la mère

Le « manque » répond au manque de pénis.

Le lien entre le Tout et l’Un est rompu par la forclusion.

En effet il faut reconnaître le manque pour être capable de faire exister un signifiant en réponse aux exigences de la réalité. Ce qui n’est pas parvenu du symbolique surgit dans le réel. Lacan avance l’hypothèse d’une forclusion du premier temps de la castration donc une absence de toute croyance en l’universalité du pénis. L’enfant n’a pas eu à s’affronter au problème de la castration. Puis Lacan théorise ensuite l’idée de la forclusion agit non pas avec le Tout mais sur Un signifiant.

A partir de là, la triade prend un nouvel  aspect. « Tout » de la mère toute puissante, « Un » du signifiant du Nom du Père et le « manque » représenté par le désir du père.

Le signifiant du Nom du Père s’articule autour de la mère en tant que femme désirante, située par rapport à la Loi du symbolique, de l’interdit, ou dans la manière dont un enfant en tant que sujet désirant a intégré en lui l’interdit.

La personne du père réel est traversée par la Loi symbolique du père.

La métaphore paternelle renvoie à la métaphore du désir de l’enfant traversée par le désir de la mère.

Pour qu’il y ait forclusion du Nom du Père, c’est à dire manque de signifiant là ou il devrait y en avoir, il faut un appel d’une personne en position de tiers dans la relation duelle entre le sujet et un semblable aimé ou détesté.

La forclusion du Nom du Père entraîne des remaniements symboliques et imaginaires. Ce désordre perturbe les repères et les représentations relatives à la filiation ainsi que le rapport à la réalité et aboutit à la création d’une néoréalité.

 

Au niveau imaginaire, il s’agit selon Lacan d’une régression au stade du miroir.

Pour que fonctionne la métaphore paternelle, il faut que la mère soutienne la place imaginaire du père.

 

L’introduction à la logique œdipienne permettrait à  l'adolescent de faire défiler à la suite de ce Nom du Père fondateur d’autres noms du père comme inscription symbolique de son histoire, pas venue au jour du symbolique mais qui réapparaissent dans le réel.

Lorsque la problématique de la castration n’est pas symbolisée. Il semble que la problématique de la castration ne soit pas inscrite dans l’inconscient. La problématique s’articule autour du manque. Il s’agit  d’une problématique de mutilation.

Le Nom du père est forclos. Il n’y a pas de signifiant alors qu’il devrait y être. La personne tiers qui vient faire appel entre l’adolescent et sa mère peut être le père géniteur qui réapparaît au moment de la réactualisation du conflit oedipien à l’adolescence. Le Nom du père n’est pas suffisamment symbolisé pour être structurant. Si la Loi symbolique de l’interdit n’a pas pu être intégrée.

Il semble donc nécessaire de rétablir voir d’établir des signifiants, pour permettre l’inscription des noms du père. L’adolescent devra chercher d’autres noms du père pour soutenir le Nom du Père au delà de la réalité du père.

L’adolescent doit faire appel à d’autres adultes extérieurs au cercle familial, qui puissent l’assister mais il se risque à ne trouver qu’une présence hallucinatoire qui le conduira à la perte de tous ses repères symboliques.

En effet de cette inscription dépend l’acceptation de la métaphore paternelle qui rappelons le renvoie à la différenciation des générations, à la cohésion identitaire, à l’unité d’être et au maintien de la réalité.

Le repérage symbolique permet de se différencier du père qui est le rival.

L’adolescent d’une part n’est pas sûr d’être identifié comme père, et d’autres parts il n’est pas sûr d’être reconnu comme autre de lui même.

 

 

 

[1] DOR J.  Introduction à la lecture de Lacan. Paris, Denoël, 1985.

[2]Freud S. « Les psychonévroses de défenses » Névroses Psychoses et Perversion. Paris, PUF, 1981.