Quel soulagement mon ado accepte de revenir à la maison

Votre adolescent  a fugué, c’est donc qu’il s’affirme en tant qu’adulte naissant, et  qu’il vous indique qu’il y a un malaise. Il revient à la maison. Certes pas toujours de son plein gré, mais vous vous réjouissez de cette avancée. Un mélange de sentiments et de questionnement a certainement commencé à  vous envahir : « Ouf quel soulagement il est là !  Je suis en colère, et tellement content(e) de le revoir, j’ai eu si peur…Et maintenant qu’est ce que je dois faire ? Pourquoi est il parti ? Comment faire pour qu’il ne fugue pas à nouveau ? Qu’est ce qui a manqué dans notre relation ? Qu’est ce qui lui est arrivé ? » Autant de questions qui s’entrechoquent dans votre esprit et auxquelles vous allez devoir trouver des réponses.  Evidemment son retour n’est pour l’instant que temporaire et le problème n’est  pas encore géré.

Analysons la situation afin de renouer le dialogue :

En tant que parent, il va être essentiel de tenter de comprendre, sans jugement ou interprétation personnelle le sens que prend la fugue pour votre adolescent, de façon à identifier les malaises auxquels elle répond, et ainsi envisager des alternatives pour éviter sa répétition. En premier lieu, vous étudiez  avec minutie les raisons de la fugue, car pour votre adolescent c’est un sujet très sérieux. Il va peut être vous parler de cette goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Cette goutte d’eau a sans doute été l’élément déclencheur de la fugue. Si vous vous arrêtez sur la goutte d’eau qui peut vous sembler anodine et susciter votre incompréhension, vous ne comprendrez pas ce qui est en jeu. C’est donc qu’il  va falloir plutôt chercher à comprendre pourquoi le vase est plein.

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En fuguant, il vous dit qu’il préfère être ailleurs, voire même dans la rue; plutôt que de continuer à vivre avec le problème qui le questionne. Si vous ne vous attaquez aux causes du problème, le fugueur se retrouve dans une situation semblable à celle qu’il a voulu fuir, les risques de récidives sont alors importants. En tentant de  rationaliser ou de banaliser le problème, vous risquez  d’accentuer sa sensation d’être incompris. Le jeune fugueur vous soumet donc à l’exercice délicat de mettre de côté vos sentiments de colère afin de traverser cette épreuve et de renouer un lien brisé. 

Etablir le dialogue avec l’adolescent à son retour de fugue

De la rupture du dialogue à la parole : Pour le fugueur, il y a eu une rupture du dialogue en amont de sa fugue, votre rôle sera alors de mettre des mots sur son comportement et de l'aider  à verbaliser, afin qu'il trouve lui-même le sens de son acte. L’écoute attentive et empathique est un préalable nécessaire au dialogue. En adoptant un ton calme, et compréhensif l’amorce de la conversation peut être facilitée.

Votre adolescent peut ne pas être disposé à s’ouvrir à vous dès son arrivée, inutile de le culpabiliser,  il se sent sans doute déjà terriblement gêné par la situation, et puis ce n’est pas forcément un échec. Peut être qu’il estime que les tensions sont encore trop vives, dans ce cas il peut être judicieux d’ouvrir le dialogue en envisageant de reporter la discussion. Attention reporter la discussion ne veut pas dire l’ignorer ou l’éviter. Par cet échange, vous  pourrez offrir un espace de parole, d’écoute, de discussion et de réflexion quand vous serez  au calme. Il entendra certainement  ainsi que vous êtes disposé(e)  à chercher une solution acceptable au conflit.

Adopter une attitude bienveillante et réconfortante : Comme il revient de fugue, il va falloir s’assurer de bien lui offrir à son retour les soins de base comme se laver, dormir ou manger. Il est important d’avoir à l’esprit que le fugueur est en grande vulnérabilité hors de chez lui (mauvaises rencontres, difficultés financières, ou de logement). Il est une proie facile pour des personnes mal intentionnées car vulnérable. Il a peut être vécu des expériences difficiles lors de sa fugue.

L’écouter : Tout adolescent qui  fugue aura besoin de parler de cette expérience. Lorsqu’il se sentira en confiance, il cherchera une écoute attentive qui lui sera d’un grand réconfort. Il peut être difficile pour lui d’exprimer en mots ce qu’il ressent. En tant que parent, vous pouvez l’aider à reformuler, ou à exprimer clairement sa pensée, vous pouvez aussi lui poser des questions pour éclaircir ou illustrer certaines zones d’ombres. Puis, il est important que vous puissiez lui faire une restitution de ce que vous pensez avoir compris du problème qu’il vous a exposé. Afin de vous assurer de votre entière compréhension de la problématique.

Il peut arriver que dans certains cas vous vous sentiez dépassé(e) par ce que vous raconte votre adolescent, votre rôle peut être aussi de l’accompagner dans une démarche vers un professionnel (médecins, psychologue, psychiatre,…). Lui offrir de pouvoir choisir à qui il veut se confier contribue aussi à la recherche de sens.

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La gestion du problème

Gérer la situation : La conciliation doit faire intervenir une notion de temps, car la résolution de certains problèmes ne se fait pas en un coup de baguette magique. Aussi, vous pouvez avoir besoin d’un délai pour la mise en place et la réalisation des objectifs qui sont mis au point par votre ado et vous-même, de façon à équilibrer la tension qui s’était installée. Le non respect d’un engagement auprès de votre enfant peut conduire à une nouvelle fugue. Aussi, il est important d’être vigilant quant à ce que vous accepter de négocier. La solution élaborée doit satisfaire à l’issu de l’échange l’adolescent ainsi que le parent. Sans résolution du problème, il peut fuguer à nouveau. Chacun se doit de remplir le rôle qui lui a été attribué pour soutenir la cohérence du projet élaboré.

Une fois la communication restaurée : que dire ?

Le dialogue: Le jeune fugueur a besoin de comprendre que son avenir vous importe. En lui exprimant clairement  ce que vous avez éprouvé durant cette épreuve et ce que vous ressentez (tristesse, inquiétude, colère…), il pourra mesurer l’impact que son absence a eu sur l’environnement familial, et donc l’attachement et l’amour que vous avez pour lui.

La négociation 

Puis vient le temps de la négociation, un temps où chacun tente d’avancer vers l’autre sans pour autant céder à tout. C’est un temps qui permet d’élaborer une solution conjointement. Il doit participer à la recherche de solutions pour valoriser son sentiment de compétence et son sentiment de pouvoir sur sa vie.  Cet échange peut être difficile, vous pourrez vous sentir dans une impasse, aussi vous pouvez lui proposer de reprendre la discussion après un temps de réflexion. Tout n’est pas négociable et ce sera à vous en tant que parent de déterminer les limites.